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Sortie des 3e2 et 3e4 à l’Historial de Péronne 25 Novembre 2025

Sur les traces de la bataille de la Somme.

Péronne, le 25 novembre 1916,

Ma chère famille,

Je prends un moment, à l’abri dans une grange de fortune, pour vous écrire. Ici, la terre tremble encore des combats de cet été, et l’air est lourd de souvenirs. Pourtant, aujourd’hui, j’ai vu quelque chose qui m’a redonné un peu d’espoir : des jeunes, des élèves de 3ème, sont venus marcher sur nos traces. Ils ont fait ce que nous n’avons pas pu faire : apprendre de cette guerre pour construire un monde meilleur.

Ce matin, ils ont arpenté l’Historial de Péronne, ce musée qui raconte notre histoire à travers des objets, des lettres comme celle-ci, et des visages gravés dans la mémoire. Ils ont lu nos mots, vu nos uniformes, touché du doigt la dureté de nos vies dans les tranchées. Peut-être ont-ils compris, ne serait-ce qu’un instant, ce que nous avons enduré.

Puis, après un repas partagé à l’abri de la pluie – un luxe que nous ne connaissions pas –, ils ont suivi un guide vers deux lieux qui hantent encore mes nuits. D’abord, le cratère de Lochnagar, à La Boisselle. Imaginez : un trou béant, creusé par la folie des hommes, où la terre a été retournée comme un champ sous la charrue. Les élèves ont écouté, silencieux, le récit des mines qui ont explosé le 1er juillet, ce jour maudit où tant des nôtres sont tombés. Leurs yeux brillaient d’une curiosité triste, comme s’ils cherchaient à percer le mystère de notre courage.

Enfin, ils se sont recueillis au Mémorial terre-neuvien de Beaumont-Hamel. Là, les arbres portent encore les cicatrices des obus, et les tranchées, préservées, rappellent l’horreur des assauts inutiles. Le guide leur a parlé des soldats venus de si loin, de Terre-Neuve, pour se battre sur une terre qui n’était pas la leur. Certains élèves ont posé des questions, d’autres ont simplement regardé, comme s’ils essayaient de graver ces images dans leur mémoire.

Je me suis dit : peut-être qu’un jour, grâce à eux, le monde se souviendra. Pas seulement des dates et des batailles, mais de nous, les hommes, les pères, les fils, qui avons vécu et souffert ici. Peut-être qu’ils comprendront que la paix est un trésor plus précieux que toutes les victoires.

Je vous embrasse bien fort, en espérant que ces jeunes garderont en eux la flamme de la mémoire.

Votre fils, votre frère,

Un soldat de la Somme

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